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21/04/2012

Fable V

Une mouche lissait ses ailes translucides
Séchant les gouttes d'eau d'un printemps trop humide
Quand le vol d'une guêpe arrêta ses travaux :
"- Cousine, que me vaut, cette visite-là ?
Dit-elle soupçonneuse, à celle qui se pose.
- J'ai décidé que ta maison serait la mienne
De ton trou misérable, un rucher sortira
Sur une multitude, enfin je serai reine.
Fais tes bagages, vite ! Et ne discute pas !
La mouche discuta, dit qu'elles étaient parentes,
Des ailes à l'identique et des pattes bien noires...
Tu oublies un détail, dit la guêpe, sous mon ventre,
J'ai ce que tu n'as pas ; un formidable dard."
Et de transpercer l'animal de part en part.

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28/11/2011

Fable IV

Deux loirs sur une gouttière
Glissaient
Laissant le propriétaire
Excédé :
«  Mais quelles sont ces ombres
Qui l’obscurité venue
Dansent et font chahut
Dans la pénombre ?
Un chat, une chauve-souris ?
Un voleur à l’affût,
Un assassin tapi ? »
L’homme en perd le sommeil
Et forme le pari
De monter une nuit
Voir qui le réveille.
Ce faisant, sur son échelle
Il glisse et se rompt le cou.
Bien sûr, on le traita de fou ;
Quant aux loirs, ils dansent de plus belle.

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13/11/2011

Fable III

Un chat traînait sa misère
Quand il vit sous un réverbère
Un greffier pansu :
" Un tel ventre, jamais encore
je n'en avais vu !
miaula-t-il avec effort
- Il ne tient qu'à toi d'avoir le même,
matin et soir, je fais les poubelles,
je mange à ma faim.
- Les poubelles ! Plutôt mourir."
Dit-il dans un dernier soupir.
Il mourut à la fin.

L'orgueil ne nourrit
Ni le corps, ni l'esprit.

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10/10/2011

Fable II

Un crabe émêché marchait droit
sous les regards moqueurs
il traçait à cette heure
son chemin de croix.
Un camarade à la chaloupante démarche
lui fit ces quelques remarques :
"regarde-toi, on dirait un pauvre homme
sourd et aveugle, en somme,
il marche mais ne voit pas."
Sur ce, le crustacé est emporté
par une vague traitresse
et disparaît.

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19/08/2011

Fable I

 

 

 

C'était un citadin
N'aimant ni les fleurs, ni les filles
Pourtant un beau matin,
Il le vit.
Carré vert et mirabelliers,
Une perle dans la ville,
En somme, un simple verger
qui l'attendait, tranquille.
Sans aucune hésitation
il devint propriétaire
Laissant cette fois, sa raison
Au vestiaire.
L'hiver s'achevait enfin
Et l'homme contemplait
D'un regard enfantin,
Les arbres bourgeonner.
Chaque matin, très fier,
Il faisait les cents pas,
Se donnant de grands airs
Bourgeois.
Mais les beaux fruits dorés
Chaque jour plus gros,
Le rendaient obsédé,
Dévot.
Un jour, alors qu'extatique
Il regardait l'air béat
Ses mirabelles magnifiques,
L'une d'entre elles tomba.
Elles roulèrent dans le jardin
Sous le soleil, sous la lune
Tant est si bien qu'à la fin,
Il n'en resta plus qu'une.
Unique mirabelle encore,
Il la veillait
Comme on veillerait un mort
Familier.
Mais ce qui devait arriver
Evidemment arriva,
Une nuit où le vent soufflait,
Le dernier fruit se détacha.
Il prit une corde tressée
Choisit une branche, et sourd
Aux larmes des mirabelliers
Se pendit haut et court.
Il faut être prêt malgré sa peine,
A perdre un jour, ceux que l'on aime.

22:39 Publié dans Fable | Lien permanent | Commentaires (1)